Célébrations des messes
Après ce 29 octobre 2020 au soir, mesures sanitaires : actualité.
Paroisse Saint Louis
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Doyenné

II – Méditer

La Parole de Dieu ne s’adresse pas seulement à l’intelligence mais aussi au cœur, à notre être profond, pour développer en nous la dimension intérieure, la vie spirituelle, et cela ne peut se faire que si nous persévérons dans l’écoute de la Parole personnellement et en groupes, en Église. Alors la Parole devient non pas seulement une simple leçon de comportement, mais elle nous met en relation vivante, personnelle avec Jésus-Christ, car l’Évangile n’est pas seulement un livre mais Jésus lui-même.

La Parole de Dieu est vivante, elle s’accomplit en nous, contrairement à beaucoup de paroles, de discours qui n’ont pas de suite.

Dans l’Évangile de Luc, à la synagogue de Nazareth, après avoir lu le rouleau du prophète Isaïe, Jésus dit à ses auditeurs et à nous :

Aujourd’hui cette parole s’accomplit à nos oreilles. (Lc 4, 21)

Écouter, entendre l’Évangile c’est bâtir sa maison sur le Roc qu’est Jésus lui-même, comme l’exprime l’Apôtre Paul :

Quant au fondement, nul ne peut en poser un autre que celui qui a été posé, à savoir Jésus-Christ. (1 Cor 3, 11)

Pour cette année pastorale, je vous invite à mettre l’Évangile, la Parole de Dieu au cœur de votre existence. Elle l’éclairera et lui donnera sens, surtout si vous la mettez en œuvre, en pratique.

1. Bâtir sa maison sur le roc, c’est d’abord bâtir sa maison familiale.
De jeunes foyers aspirent à bâtir une maison, car les appartements sont trop étroits, certains pères de famille passent beaucoup de temps les week-ends pour accélérer la construction, pour faire plaisir à leur femme et leurs enfants, au risque de leur propre santé. Mais la famille est elle-même à bâtir sur du solide. Des couples qui se préparent au mariage choisissent cette Parole pour la célébration de leur amour et en font la charte de leur vie familiale. Durant le confinement, des familles ont vécu des partages autour de l’Évangile, de petites liturgies adaptées aux enfants ; je les invite à persévérer à l’écoute de l’Évangile et à le vivre dans leurs relations fraternelles au quotidien.

2. Bâtir sa maison sur le roc peut désigner la construction de paroisses renouvelées par l’écoute de l’Évangile et la célébration de l’Eucharistie le dimanche.
Je félicite les prêtres et les laïcs qui, durant le confinement, ont déployé (comme la cathédrale) des trésors d’initiatives par Internet pour permettre aux fidèles de rester en lien avec les eucharisties quotidiennes célébrées par les prêtres dans l’église paroissiale, ainsi que le dimanche.
Certaines personnes qui ont trouvé les messes du pape sur KTO ou les messes sur France 2 très belles et très priantes, avec des homélies nourrissantes pour leur foi, ont du mal à revenir dans leur église paroissiale pour prier avec leurs frères. J’ai vécu cette expérience sur mon lit d’hôpital où, comme tous les malades atteints du Covid, je n’ai pas pu recevoir de visites ni communier pendant un mois. Certains fidèles m’ont écrit leur désarroi de ne pouvoir communier pendant plus de deux mois. Mais communier au Corps du Christ dans l’Eucharistie, c’est aussi communier au Corps du Christ qu’est l’Église, c’est vivre la communion fraternelle, et Le reconnaître sur le visage des plus fragiles et des plus démunis.

J’invite ceux qui hésitent encore, tout en respectant les barrières sanitaires, à participer à la messe dans leur paroisse. Dans notre département où les croyants des autres religions vont dans leur lieu de culte, si les catholiques prennent leurs distances avec la pratique dominicale, nous assisterons à un effacement de notre Église dans la société. Vous allez m’objecter qu’existent d’autres marqueurs de la présence de l’Église catholique dans la société, celui du dialogue avec les élus, avec les autres confessions chrétiennes et les croyants des autres religions. Cela est essentiel et il faut poursuivre sur cette route où je me suis personnellement engagé. 
Mais le marqueur le plus fort est celui de la solidarité, du soin de ceux que la société met à la marge : les jeunes, les migrants, les gens du voyage, les personnes ayant un handicap, les personnes âgées.

Je l’ai déjà souligné, beaucoup d’entre vous, malgré les difficultés dues à la pandémie, avez su sortir aux périphéries et aller rejoindre les plus démunis qui avaient faim, de nourriture et de dignité. Une société qui ne prend pas soin des plus pauvres se déshumanise.

3. Bâtir la Maison communautaire qui est notre Église diocésaine, c’est l’affaire de tous.
L’Église diocésaine poursuit l’élan synodal, fruit de la réflexion de toutes les équipes du synode, des personnes relais synodaux dans les secteurs, des membres des deux assemblées synodales, de l’équipe d’animation du synode, de la commission d’audit et de la commission sur l’ordonnance : que tous ces acteurs soient encore vivement remerciés.

L’esprit de synodalité s’est mis en place au sein des paroisses à travers les assemblées paroissiales, avec l’appel des vice-présidents des EAP.
Les doyennés, différents des secteurs, ont trouvé leur chemin autour des doyens qui veillent à la communion fraternelle entre tous les acteurs pastoraux et entre les paroisses.
Le vendredi 9 octobre se vivra le lancement du 3e volet, celui des pôles d’initiatives missionnaires. Il ne s’agit pas de mettre l’accent sur l’organisation de ces pôles, elle se fera petit à petit à travers les projets concrets de nouvelles propositions et d’initiatives innovantes
qui seront discernées dans ces pôles en direction par exemple des étudiants de plus en plus nombreux dans le Val-de-Marne, des jeunes familles qui viennent s’y installer car les prix des loyers sont trop onéreux dans Paris, des pères ou mères qui élèvent seuls leurs enfants… Ce qui nous motive ce n’est pas l’organisation mais la mission, la joie de partager à tous notre foi.

Notre Église vivra la joie de l’ordination d’un prêtre, Paul, et d’un diacre en vue d’être prêtre, Ange, le 13 septembre, et de deux diacres permanents Laurent et Jean-Baptiste ; la même joie m’habitera le 8 septembre pour les vœux perpétuels de Sœur Marie-Aimée de Jésus chez les sœurs Annonciades, et pour l’envoi en mission de nombreux laïcs lors de la messe de rentrée le jeudi 1er octobre. Notre diocèse a aussi la joie d’accompagner quatorze séminaristes, de nombreux candidats au diaconat permanent et quatre laïcs en mission ecclésiale en formation. La vocation des laïcs est de bâtir une société plus juste et plus fraternelle. Les mouvements et les associations de fidèles très divers dans notre diocèse
y participent. Comme conclusion de ma visite pastorale auprès d’eux se vivra un rassemblement diocésain le dimanche 11 octobre au Palais des Sports. Vous y êtes tous invités.

Ainsi, le livre bleu de l’Ordonnance comme le livre vert sur l’Appel aux vocations ne resteront pas lettre morte.

Bien sûr la barque de notre société, avec la pandémie, a été ballottée, secouée par les vagues. Pendant le confinement nous avons vécu des moments forts de prière et de solidarité, mais aussi des moments de découragement, de doutes, de questionnement devant le décès ou la maladie de nos êtres chers : pourquoi lui, pourquoi nous ? Nous n’avons rien fait de mal…

Notre maison, notre Église a été secouée par des révélations douloureuses, et notre Église diocésaine par ma maladie, une crise de la gouvernance et l’annonce de ma remise de charge au Saint-Père.

La pluie est tombée, les torrents sont venus, les vents ont soufflé, ils se sont précipités contre cette maison et elle ne s’est pas écroulée car ses fondations étaient fondées sur le roc… qu’est le Christ et l’Évangile. (Mt 7, 25)

L’urgence est d’abord l’annonce de l’Évangile aux enfants et aux jeunes. C’est l’annonce de l’Évangile à tous qui entraînera les initiatives nouvelles. C’est à cette conversion que notre Église diocésaine est appelée. Que chacune de nos habitations, chacun de nos appartements devienne une maison Église accueillante à tous, une fraternité de quartier.

Ainsi nous allons poursuivre la route dans la confiance et l’espérance.

Cette année encore le pape François nous invite à élargir l’espace de notre tente ; il a annoncé une année spéciale pour l’anniversaire de la publication de Laudato Si, qui s’étendra du 24 mai 2020 au 24 mai 2021 ; il nous exhorte, ainsi que toutes les personnes de bonne volonté, à y adhérer pour prendre soin de notre maison commune et de nos frères et sœurs les plus fragiles.
Des propositions seront faites au niveau du diocèse et des paroisses pour participer à notre mesure à cet élan mondial, qui dépasse l’Église, pour la préservation de la planète, la protection de l’environnement, et le respect
des ressources économiques et humaines de notre maison commune.

Tout est lié : la protection de notre environnement, la solidarité pour les luttes contre la montée du chômage due à la crise économique, le soutien aux plus fragiles, la recherche de sens, une ouverture à la personne de Jésus-Christ, une découverte de la vie intérieure, spirituelle, qui nous détache des seuls biens de consommation.

À la suite du confinement, la société laïque ne peut pas nier la dimension spirituelle de la personne humaine et la dignité des personnes qui avancent en âge. Il n’est pas juste, comme je l’ai encore entendu récemment, d’opposer les priants et les actifs. Si la prière ne conduit pas à l’action elle s’appauvrit, si l’action n’a pas sa source dans la prière, elle reste sans fruit.

Nous vivrons cette méditation d’Évangile en trois temps, caractérisés par trois verbes d’action : lire, méditer, prier ou contempler.

Bâtir sur le roc