Sagesse 12,13.16-19 ; Romains 8,26-27 ; Matthieu 13,24-43
« Il n’y a pas d’autre dieu que toi, qui prenne soin de toute chose ». Par ces mots s’ouvre le temps de la parole aujourd’hui.
Dieu prend donc soin de sa création et, en son sein, de notre humanité. Il n’a pas d’égal pour cela. Ce faisant il manifeste sa puissance et sa justice et nous enseigne ce qui est authentiquement humain, nous révèle le Livre de la Sagesse.
Dans celui-ci, nous découvrons en quoi consiste la vraie puissance divine. Elle est tout entière dans le soin apporté à chaque réalité, dans la justice clémente et indulgente. Dieu accorde avec patience à chacun le temps de la conversion.
Ainsi en va-t-il de son autorité, source de toute autorité authentique. « Le juste doit être humain » affirme le livre de la Sagesse.
Pas de puissance écrasante en Dieu, mais une bienveillance patiente, exigeante et juste.
La parabole de l’évangile selon St Matthieu me semble le dire aussi à sa manière.
Le semeur, l’évangile le révèle est le « Fils de l’Homme » lui-même, autrement dit, le Christ.
Il a semé le bon grain en notre terre humaine. Belle confiance !
Mais, le manque de vigilance a permis à l’ennemi d’y introduire l’ivraie. Cependant, la douce puissance de Dieu ne s’effraie pas de cet état de fait, quand souvent nous nous en faisons une montagne. Dieu laisse le temps de la maturation se faire et ne précipite pas la moisson.
La parabole semble donc nous inviter à la prudence et à la patience. Que savons-nous de ce qu’est véritablement le bon grain ou l’ivraie ? Pourquoi prendre le risque d’arracher le meilleur en croyant arracher le pire ?
Faire le ménage, la moisson dans l’évangile, ce n’est pas notre affaire. La suite du texte nous le précise, c’est l’œuvre des anges de Dieu.
Il faut beaucoup de finesse, de qualité d’écoute et de discernement pour connaître vraiment ce qui vient de Dieu. Or l’Apôtre saint Paul nous alerte sur le fait que nous ne savons pas même prier. C’est l’Esprit qui prie véritablement en nous et sa prière n’est pas accessible à notre pauvre intelligence. Si nous ne savons même pas prier, alors comment prendre le risque de juger entre le bon grain et l’ivraie ?
Tout ceci peut nous apparaître bien déroutant. Nous pouvons nous demander ce qu’il nous revient de faire ?
Et s’il ne s’agissait pas tant de faire que de se laisser faire ?
Se laisser faire par l’Esprit qui prie en nous.
Consentir dépend de nous seul.
Laisser agir la puissante délicatesse divine en nous ne se fait pas sans notre consentement.
Accueillir en nous les gémissements de l’Esprit a des conséquences pratiques.
Si la puissance de Dieu prend soin de toute chose, en nous elle suscitera le désir de prendre soin de chacun.
Si elle est indulgence, elle nous inclinera à l’indulgence, à la compréhension, la compassion plus sûrement qu’au jugement hâtif.
Qu’en est-il de notre disponibilité à l’Esprit ?
Dominique RAMEAU