Témoignage
Bonjour, je m’appelle E.C., j’ai 18 ans, et aujourd’hui je voudrais vous partager mon témoignage pour ma confirmation.
De nature, je suis quelqu’un de plutôt réservé, notamment lorsqu’il s’agit de parler de foi. J’ai souvent été blessé par des relations, amicales ou sentimentales, et j’ai appris à garder beaucoup de choses pour moi. Spirituellement, je me suis rarement exprimé, sauf avec quelques personnes très proches, que je considère vraiment comme des frères. Mais en dehors d’eux, j’ai toujours eu du mal à mettre des mots sur ce que je vivais intérieurement.
Mon témoignage commence réellement au début de l’année 2025. J’étais déjà engagé dans la démarche du baptême, et on m’a proposé de suivre en même temps le parcours de confirmation. J’ai trouvé cela logique : comme j’allais être baptisé puis communier, la confirmation représentait la suite, le moment où l’on choisit consciemment d’accueillir Jésus et de s’impliquer dans l’Église. Je me suis baptisé cette année, à 17 ans, et j’ai communié pour la première fois.
Avant cela, il y a eu le Frat. Un moment exceptionnel, rempli d’émotions et d’une intensité spirituelle qui m’a profondément marqué. L’ambiance, la joie, la fraternité… Aujourd’hui encore, ça me manque énormément. Après le Frat, je me suis fait baptiser, puis j’ai communié, et j’ai naturellement poursuivi vers la confirmation.
Mais au fond de moi, il n’y avait pas d’intention très claire. Je voyais surtout la confirmation comme une continuité. J’avais du feu, oui, j’avais envie de faire des projets pour Dieu. Mais quelque chose s’est cassé pendant l’été.
Là, j’ai eu comme un mauvais déclic. J’ai commencé à me perdre un peu : sortir, alors que ce n’est pas du tout mon univers — me battre, rechercher les plaisirs faciles comme ceux de la chair. J’ai vraiment glissé dans ce que j’appelle « les plaisirs mondains ». Et j’ai fini par douter : douter de moi, de ma dignité, et même de ma légitimité à recevoir la confirmation.
Je me suis dit : “Je ne suis pas sur la bonne trajectoire. Je ne suis pas digne. Je ne suis pas prêt.”
On devait ensuite partir en retraite spirituelle à Notre-Dame-de-Louÿe. J’espérais secrètement que ce moment allait me “réveiller”, me toucher à nouveau. Mais la veille du départ, je doutais encore énormément.
La retraite commence. Je me confesse, notamment concernant les plaisirs de la chair, parce que c’est une difficulté à laquelle je fais face. Je regrette certains choix, certaines situations que j’aurais pu éviter. Je ne me sens déjà pas très bien, mais je poursuis.
Le lendemain, durant la messe, le père Dominique nous invite à fermer les yeux et à imaginer le jour de notre confirmation. J’essaie. J’essaie vraiment. Mais rien. Absolument rien. Aucun sentiment, aucune image, aucune joie. Un vide total. Et là, j’ai vraiment paniqué intérieurement.
Après la messe, je vais voir Karine, notre accompagnatrice. On s’assoit, elle me demande comment je me sens, et je lui dis la vérité : je ne ressens plus rien. Je n’allais plus à l’église, je ne priais plus, je ne lisais plus rien… J’avais vraiment l’impression d’être éteint.
Elle me demande : « Tu es sûr que rien ne t’a touché durant cette retraite ? »
Et là… sans réfléchir, les larmes montent. Pas juste des larmes : des sanglots. Comme si tous mes doutes, toutes mes peurs, tout ce que j’avais retenu pendant des mois, sortaient d’un coup. C’était douloureux, mais en même temps libérateur.
Karine appelle alors le père Dominique. Il marche avec moi, et il me dit des paroles que je n’oublierai jamais :
Que douter ne signifie pas manquer de foi ; que ce vide que je ressens, ce manque, c’est justement la preuve que je cherche Dieu, que je le désire. Que je ne suis pas du tout “en retard” spirituellement, au contraire. Et je voyais qu’il était sincère.
Il me partage aussi brièvement son propre témoignage : à deux jours de son ordination, lui aussi a douté. Il avait peur de la responsabilité, de renoncer à certaines choses, de quitter sa famille. Mais il m’a dit : «Notre véritable famille, c’est aussi l’Église. C’est cet amour mutuel qui nous porte et nous unit.»
Puis il m’a dit une phrase simple mais essentielle :
«N’abandonne pas. Tu te mets trop de pression. Tu n’as pas besoin d’être parfait. Continue simplement d’avancer.»
Ces paroles ont vraiment apaisé quelque chose en moi.
Il m’a aussi encouragé à reprendre mes projets. Parce que chaque occasion de glorifier Dieu compte. Et il avait raison.
Mais s’il y a quelque chose que j’ai découvert avant tout… c’est la miséricorde de Dieu.
Un Dieu qui relève quand on tombe, qui pardonne quand on s’égare, qui restaure quand on se sent brisé.
Un Dieu qui ne m’a jamais abandonné, même quand moi je m’étais éloigné.
Un Dieu qui passe par des personnes comme Karine, comme le père Dominique, comme mes frères, pour me ramener à Lui.
Si aujourd’hui je suis debout, c’est grâce à Sa grâce. Grâce à Sa miséricorde.
Alors je me présente humblement pour la confirmation.
Oui, j’ai douté. Oui, j’ai chuté.
Mais je marche.
Je me relève.
Je reviens vers Dieu.
Et je choisis de Lui faire confiance, encore et encore.
Témoignage de l’un des 35 jeunes adultes, lors de leur confirmation le dimanche 25 janvier 2026 en l’église Saint Louis-Saint Nicolas de Choisy-le-Roi
