Célébrations des messes
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Homélie dimanche 20 juin 2021 – Une traversée mouvementée – Vidéo

Samedi 19 Juin 2021 :

Un évangile et une Homélie de circonstance, en pleine tempête avec une église qui prend l’eau.

Le texte de l’Homélie ne reprend pas les jeux de mots de la messe du samedi alors que dehors des trombes d’eau tombaient ainsi que les arbres. Le père Dominique a continué à célébrer la messe, comme en témoigne la vidéo ci dessous, alors que l’eau tombait drue dans l’église.


Jb 38, 1.8-11 ; 2 Co 5, 14-17 ; Mc 4, 35-41

Après un enseignement relatif au Royaume, dispensé en paraboles, Jésus, dans l’évangile reçu ce jour traverse la mer (ou le lac) de Galilée. Une traversée mouvementée dans laquelle son attitude devient une véritable parabole de la sagesse, à nous, proposée.
 
En quoi consiste cette sagesse ?
N’est-elle pas déjà celle à laquelle fait écho le très beau livre de Job ? Ce poème biblique, mis en forme au 5e siècle avant Jésus, met en scène l’infortune d’un juste et son questionnement devant la souffrance, en particulier celle du juste, incompréhensible. Dieu y répond par une invitation à la contemplation de son œuvre créatrice. Elle dépasse nos capacités d’entendement. Ce faisant, Dieu invite à la confiance devant le mystère, inaccessible à notre intelligence, qui peut nous submerger et nous engloutir si nous cherchons une explication à hauteur d’homme. La sagesse réside dans la foi confiante en l’œuvre divine, merveille réalisée par amour, pour les hommes, confessée par le psaume 106.
Dans le bref passage que nous venons d’entendre, Dieu invite Job à reconnaître la maîtrise de Dieu sur le créé. Il met des limites à toute chose, même aux flots redoutables de la mer, dangereuse voire monstrueuse pour un juif du 5e siècle ; elle est, pour lui, symbole de mort.
 
C’est encore vrai au temps de Jésus. Le lac ou mer de Galilée est un lieu redoutable, en particulier quand le vent tempétueux se lève dessus. On ne s’y aventure pas sans crainte, même quand on est pêcheur professionnel. Or, voilà que monté dans une barque « vers l’autre rive », (laquelle ?) Jésus dort, en pleine tempête. Sa sérénité contraste avec l’affolement, bien compréhensible, des disciples. Ce sommeil n’a rien d’anecdotique. Il est tout entier parabole de sagesse. Jésus dort du sommeil confiant du juste qui sait la maîtrise de Dieu sur toute chose, chantée par le psaume 106. « … il parle et provoque la tempête ». Mais il peut aussi « réduire la tempête au silence, faisant taire les vagues » et tirer ainsi les hommes de la détresse. Ainsi en va-t-il de son œuvre d’amour.
Inquiets, les disciples réveillent Jésus et l’interpellent : « Maître, nous sommes perdus ; cela ne te fait rien ? ». Jésus pose alors un geste prophétique qui ne peut manquer de nous évoquer l’œuvre de Dieu, célébrée au psaume 106. Ce geste révèle l’identité divine de Jésus, suggérée par la question finale : « Qui est-il donc, celui-ci, pour que même le vent et la mer lui obéissent ? ».
 
Ce moment de l’évangile de Marc est une belle confession de foi de la communauté chrétienne primitive en Jésus, le crucifié ressuscité. Celui qui, à travers la tempête de la Passion, est passé « sur l’autre rive » est maître de la mort, dont les flots agités sont l’image. C’est, pour nous, auditeurs aujourd’hui, une magnifique invitation à la confiance en Dieu, quels que soient les événements qui secouent la barque du monde. Jésus, « comme il était », dans son humanité, a manifesté en sa chair la puissance libératrice et souveraine de Dieu. Il offre à notre humanité, vécue dans la foi, centrée sur lui, la maîtrise et la sérénité qui nous permettent d’expérimenter le monde nouveau déjà présent. Ainsi, saisis par l’amour du Christ, nous pouvons œuvrer avec lui, à bonne distance des discours de peur, de haine, de mépris, de décadence, au devenir d’une humanité plus fraternelle, plus divinement aimante et sereine. En Jésus, Dieu nous conduit au port désiré. A l’heure d’une échéance électorale importante pour notre pays, puissions-nous ne pas oublier qu’il n’est d’autre sauveur que Lui.