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Vivre l’Avent avec Madeleine Delbrêl – Semaine 1 : la bonté

Se préparer à Noël peut être pour nous une invitation à être attentifs à tous les signes de lumière en nos vies comme dans la société aujourd’hui : lumière déjà présente ou lumière en espérance. Parmi ces lumières, la bonté, dont Madeleine Delbrêl disait qu’elle était une « oxygénation du cœur ».

Pour cette première semaine d’Avent, voici un fait de la vie de Madeleine, puis trois de ses citations sur la bonté et, enfin, des pistes pour poursuivre la réflexion.

  1. Fait de la vie de Madeleine

« Avant de parler de la bonté, je veux en donner un instantané pris là où j’ai vu, une fois entre d’autres fois (…).

Je pense ne jamais savoir si la femme dont je vais parler était chrétienne.

J’étais dans une grande ville, il y a plusieurs années, à l’étranger. C’étaient les dernières heures de quelques jours passés là.

Je n’avais presque plus d’argent, j’étais très lasse, je souffrais de cette douleur qui frôle en nous l’animal dans l’animal raisonnable que nous sommes : la douleur de la mort, de plusieurs morts, des morts de la même chair que la mienne.

Je ne crois pas que je représentais une catégorie humaine. Les vêtements que je portais étaient sans particularité. Et moi-même je ne suis pas remarquable.

Je marchais depuis plusieurs heures dans les rues pour attendre le moment du train. Pourquoi ne pas dire que je pleurais. Je ne m’en importais pas et attendais que ça passe. Etrangère. Inconnue. Un chagrin commun à tous les hommes qui sue les larmes comme certains travaux la sueur.

Il s’est mis à pleuvoir ; j’avais faim, les pièces de monnaie qui me restaient fixaient ce à quoi je pouvais prétendre. J’entrai dans un minuscule café qui donnait aussi à manger. Je choisis ce que je pouvais acheter : des crudités. Je les mangeai lentement pour les rendre nutritives et pour donner à la pluie le temps de finir. De temps en temps mes yeux s’égouttaient. Mais, tout d’un coup, mes deux épaules ont été prises dans un bras réconfortant et cordial, une voix me dit : « Vous café, moi donner ». C’était absolument clair. Je ne me souviens plus de ce qui s’est passé après : c’est une chance car je suis sans goût pour le ridicule.

Mais si j’avais souvent parlé de cette femme, pensé à elle, prié pour elle avec une reconnaissance inusable, aujourd’hui, cherchant la bonté en chair et en os, c’est elle qui s’est imposée à moi.

Car ce qui donne à cette femme valeur de signe chrétien, d’image lointaine mais fidèle de la bonté de Dieu : c’est qu’elle a été bonne parce qu’elle était habitée par la bonté, non parce que j’étais « des siens » familialement, socialement, politiquement, nationalement, religieusement.

J’étais « l’Etrangère », sans indices d’identité. J’avais besoin de bonté, j’avais même besoin de la bonté quand elle se fait miséricorde. Elle m’a été donnée par cette femme. Aujourd’hui, elle est un exemple absolu de la bonté, parce que j’étais « n’importe qui et n’importe quoi » et que ce qu’elle a fait elle l’a fait parce que la bonté était en elle, non pour ce que j’étais moi.

Dans son acte, je trouve tout ce que la bonté doit être pour être la bonne. »

Témoignage écrit en 1959.

Cf. La femme, le prêtre et Dieu, éditions Nouvelle Cité, 2011, p. 240-241.

  1. Trois citations de Madeleine Delbrêl

« La rencontre d’une personne réellement bonne produit sur d’autres personnes un véritable phénomène d’oxygénation du cœur. »

« L’Évangile n’est annoncé vraiment que si les chrétiens qui l’annoncent tendent de toutes leurs forces à avoir un cœur bon. »

« La bonté du cœur venue du Christ, donnée par lui, est pour le cœur incroyant un pressentiment de Dieu lui-même. Elle a, pour le cœur incroyant, le goût inconnu de Dieu et elle le sensibilise à sa rencontre. Elle est, pour l’incroyant, insolite, liée à cet insolite absolu que Dieu est pour lui. Elle réveille, interroge les forces assoupies de son cœur, des forces inconnues de lui dont il constate en lui la réalité vivante. Elle sympathise avec ce qui, dans le cœur de l’incroyant, est à la fois le plus solitaire et le plus apte à se tourner intérieurement, secrètement, vers Dieu comme un possible. »

Cf. « Nous autres, gens des rues », Seuil, 1995 – p 154, p. 295, p. 150.

  1. Quelques pistes pour poursuivre encore notre réflexion

Être attentifs à tout ce qui manifeste la bonté autour de nous : dans la rue ou en lisant le journal ou regardant la télé ou au cours d’un téléphone ou dans notre vie de famille confinée. Nous en émerveiller !

Faire mémoire d’hommes, de femmes ou d’enfants, qui, à tel ou tel moment de ma vie ont été une vraie lumière pour moi par leur bonté.

Relire un évangile ou quelques chapitres, pour voir seulement comment Jésus est « bon », et ce qu’il dit de la bonté du Père par ses gestes et ses paroles.

28 novembre 2020

À venir samedi 5 décembre : VIVRE L’AVENT AVEC MADELEINE DELBRÊL – LA PAROLE QUI REVIVIFIE –