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Marie en ce mois de mai – Réflexions Bibliques (2)

…. » Ma curiosité m’a conduite à rechercher les racines bibliques de Marie. Je te livre le premier volet. J’annonce le suivant à la fin de cet épisode. Peut-être y en aura-t-il d’autres…. »… Geneviève

….« Joseph, son époux, est de la tribu de Juda, un descendant du roi David et c’est ainsi que Jésus sera identifié par ses contemporains »………

Dans un prochain volet, nous nous intéresserons à Miriam, la première « Marie » de la Bible.

Genviève
13 mai 2020

De Miriam sœur de Moïse et d’Aaron, à Marie mère de Jésus Marie vient du latin Maria, qui vient du grec Mariam, transcription de l’hébreu Miriam.
La première Marie-Miriam de la Bible, est une fille des Hébreux qui résidaient en Egypte plus de mille ans avant la naissance de Jésus. Peuple nomade, les Hébreux étaient arrivés par vagues successives, chassés des terres de Canaan par les famines qui y sévissaient.
Les terres d’Egypte étaient rendues fertiles chaque année par les crues du Nil, et les famines étaient rares.
Les Hébreux vivaient en paix avec les Egyptiens, jusqu’au jour où un nouveau Pharaon prit ombrage de l’importance numérique de ce peuple et décida de l’exténuer sous les travaux forcés, et de l’exterminer en faisant mettre à mort tous les garçons nouveau-nés.

Les sages-femmes sont les premières à qui Pharaon commande d’exécuter ses ordres. Mais elles choisissent de laisser vivre tous les enfants, car elles craignaient Dieu (Ex 1,17).
Alors Pharaon exhorte tout son peuple à participer au génocide (Exode 1,1-22).Mais voici d’autres femmes qui se liguent pour que la vie triomphe.
Une mère, fille de Lévi, ne pouvant plus cacher son bébé, fabrique une caisse étanche en papyrus enduit de bitume, et le dépose sur le Nil, dans les joncs. Miriam, la grande sœur, reste au bord du fleuve : « La sœur de l’enfant se posta à quelque distance, pour savoir ce qui lui arriverait. » (Ex 2,4) C’est la fille de Pharaon et ses servantes, qui découvrent l’enfant dans sa petite arche.

La grande sœur voit l’expression de pitié de la princesse, elle entend l’exclamation de la jeune femme : « C’est un des enfants des Hébreux ! » Et, affolée sans doute à l’idée que la princesse pourrait exécuter l’ordre du roi, vite elle s’avance et propose une nourrice : « Vais-je appeler pour toi une femme, une nourrice, parmi les femmes des Hébreux pour qu’elle allaite l’enfant pour toi ? » dit-elle d’une traite (Ex 2,7).
La princesse accepte, l’enfant est sauvé de la noyade ! Cette action doit à Miriam d’être appelée ‘almah, une jeune fille d’un mérite particulier (Ex 2,8).

Peu de femmes, dans la Bible ont reçu ce titre.
Quand l’enfant fut sevré, la fille de Pharaon le prit pour fils et « l’appela du nom de Moïse (en hébreu ‘Moshé’, ‘Tiré’) car, dit-elle, je l’ai retiré de l’eau. » (Ex 2,10).
Le nom de Miriam apparaît pour la première fois dans le récit biblique après que, sous la conduite de Moïse, le Seigneur a fait sortir d’Egypte le peuple hébreu, en lui faisant traverser la mer à pied sec. Moïse, et tout le peuple avec lui, chantent la victoire sur l’armée égyptienne qui s’est embourbée et a péri noyée.
« Miriam, la prophétesse, sœur d’Aaron, prit le tambourin, et toutes les femmes sortirent derrière elle, avec des tambourins et des danses.
Miriam répondait : Chantez pour le Seigneur, car il a montré sa souveraineté ; il a jeté dans la mer le cheval et son cavalier. » (Ex 15,20-21)La vie de Miriam est liée à l’eau. Elle a sauvé d’une mort certaine dans l’eau du fleuve celui qui, devenu adulte, sauve le peuple tout entier de la mort en Egypte, en lui faisant traverser la mer à pied sec !
Le nom hébreu Miriam évoque l’amertume (mara) de l’eau (yam, la mer) mais aussi l’amertume du peuple quand, ayant échappé à l’armée de Pharaon, et continuant de fuir dans le désert, ils trouvent une source après trois jours de marche, une source d’eau amère (mara).

Moïse prie, le Seigneur répond, lui indiquant le moyen de rendre l’eau douce. Et Dieu conclut : « Si vraiment tu écoutes le Seigneur ton Dieu, si tu fais… si tu prêtes l’oreille… si tu observes toutes ses prescriptions, je ne t’infligerai aucune des maladies que j’ai infligées à l’Egypte : c’est moi le Seigneur qui te guéris. » (Ex 15,22-26) Mais ce peuple ne cesse de se révolter, et de regretter le pays de l’esclavage, devenu dans son souvenir, le paradis terrestre.
Le nom de Miriam évoque aussi cette révolte : ‘mara’, c’est aussi ‘être révolté’ et ‘miriam’ signifie ‘leur révolte’. Révolte qui devient la sienne lorsqu’avec son frère Aaron, elle prétend que Moïse a fait une erreur en épousant une femme du pays de Koush. Aurait-il renvoyé sa première épouse, Tsippora la madiânite ?
Miriam n’est-elle pas prophétesse ? « Est-ce seulement par Moïse que le Seigneur parle ? N’est-ce pas aussi par nous qu’il parle ? » disent-ils.
Cela vaut à Miriam d’être couverte de lèpre et exclue du camp pendant sept jours jusqu’à sa guérison. L’histoire est racontée au chapitre 12 du livre des Nombres.
L’eau est de nouveau évoquée au moment de la mort de Miriam (Nb 20,1-2) : « Les Israélites, toute la communauté, arrivèrent dans le désert de Tsîn le premier du mois, et le peuple s’installa à Qadesh.
C’est là que Miriam mourut et fut ensevelie. Il n’y avait pas d’eau pour la communauté. »
Miriam meurt, il n’y a plus d’eau. De ces deux versets, la méditation juive conclut que l’eau était donnée au peuple par le mérite de Miriam. De même, les nuées de gloire cesseront de protéger le peuple à la mort d’Aaron (Nb 20,28 à 21,2), et la manne cessera de tomber après la mort de Moïse. Ainsi, dit la tradition, tant que Miriam était en vie, l’eau ne manquait pas : un puits (ou un rocher) accompagnait le peuple dans sa marche, se déplaçant avec lui (voir aussi Nombres 21,20) et l’eau, dans la tradition juive, c’est la Tora c’est-à-dire tout l’enseignement donné par Dieu à son peuple.

Cette tradition est bien connue de Saint Paul, qui écrit, en 1 Corinthiens 10,4 : « ils buvaient en effet à un rocher spirituel qui les suivait. » Et Paul donne une interprétation nouvelle : ce rocher, c’était le Christ.
Des siècles plus tard, une autre Marie devra fuir la Judée pour que son bébé échappe à l’extermination des petits garçons ordonnée par le roi Hérode (Mt 2,13-18).
Par un renversement de l’Histoire, l’Egypte est redevenue le refuge, le lieu sûr, où Joseph et Marie attendent la fin du danger, la mort du tyran. Puis, quand ce fils, nommé Jésus, devient adulte, Marie sa mère l’exhorte à agir au cours d’une noce où le vin vient à manquer (Jn 2,1-11) : « Ils n’ont pas de vin », dit-elle à Jésus. « Faites tout ce qu’il vous dira » dit-elle avec confiance aux serviteurs. Spontanément, Jésus désigne les énormes jarres d’eau qui servent aux ablutions rituelles : « Puisez… Portez à l’organisateur du repas. » L’eau puisée est devenue vin, bon vin. L’eau des rites, l’eau de la Tora (l’enseignement de Dieu transmis par Moïse) est devenue vin de fête, vin des noces, vin de l’alliance : oui, ce vin-là, c’est le meilleur vin, il donne la vie !

A la fin de sa vie, Jésus le confiera à ses disciples en disant : ce vin de l’alliance, c’est mon sang, c’est ma vie, de même que ce pain que je vous donne, c’est ma chair, c’est tout ce que je suis.Ainsi, Marie est l’instigatrice du premier signe de Jésus.
Il faut donc qu’elle soit présente lorsqu’il est élevé de terre sur la croix. « Jésus, voyant sa mère et, près d’elle, le disciple qu’il aimait, dit à sa mère : Femme, voici ton fils. Puis il dit au disciple : Voici ta mère. Et dès cette heure-là, le disciple la prit chez lui. » (Jn 19,26-27)

La méditation chrétienne a conclu que Marie est la mère de tous les disciples, de tous les chrétiens. La mère éducatrice, celle qui nourrit et désaltère de la parole de Dieu.
En cela encore, Marie rejoint sa lointaine parente Miriam.
Car le nom hébreu ‘miriam’ vient aussi de la racine ‘yara’ qui signifie ‘lancer une flèche, enseigner, éduquer. De cette racine viennent les mots ‘moré’ qui veut dire ‘maître, enseignant’ et ‘tora’, ‘enseignement’. Miriam et Marie : la première Marie de la première alliance et la première Marie de la nouvelle alliance. Elles sont bien différentes, mais elles ont toutes deux la passion de protéger la vie et de faire advenir le salut.

Geneviève
17-05-2020

Premier épisode