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Catéchèse des adultes « Les chrétiens et l’œcuménisme » – Thème N° 8

Bonjour à tous,

Nous ne pourrons évidemment pas nous réunir à nouveau le samedi 10 avril à Notre-Dame-de-Lourdes. Ce qui ne nous empêche nullement de poursuivre notre réflexion et notre formation catéchétique. Je vous propose ainsi un document récapitulatif sur « Les chrétiens et l’œcuménisme », thème qui était à notre programme pour cette séance.

Gérard


Thème n°8

Les chrétiens et l’œcuménisme

1- Triple objectif :

  • la règle des 3 C : connaître l’Autre, le comprendre, copartager avec lui la construction de l’avenir de notre monde,
  • conforter notre foi et en témoigner,
  • saisir l’originalité de la foi catholique.

Ne pas confondre l’œcuménisme (dialogue entre les différentes confessions chrétiennes) et l’approche interreligieuse (relations avec l’Islam, le monde juif, le bouddhisme, l’hindouisme..)

2- L’histoire des chrétiens et des différentes ruptures

  • les Eglises pré-Chalcédoniennes issues des ruptures doctrinales et politiques lors des grands Conciles d’Ephèse (431) et de Chalcédoine (451) :

Enjeu doctrinal : la personne du Christ, Dieu et homme,

Enjeu politique : Empire byzantin / Empire perse

Au sein de l’Empire byzantin : Constantinople grec / Rome latin

Ces ruptures ont éloigné de Rome durablement :

  • les Eglises assyriennes de Perse et nestoriennes en Asie centrale et en Chine (largement ignorées en Occident), les Eglises syro-malabares du Sud de l’Inde,
  • les Coptes, monophysites, d’Egypte (cf. visite du Pape François fin avril 2017),
  • les Syriaques,
  • les Arméniens apostoliques,
  • la naissance de l’Orthodoxie: contestation du Filioque en 867 par le Patriarche Photius de Constantinople et séparation lors du grand schisme de 1054,

Quatre sources de divergences entre orthodoxes et catholiques (deux d’ordre doctrinal, deux relatifs à l’organisation de l’Eglise)

° Filioque : « Je crois en l’Esprit Saint qui procède du Père et du Fils » [credo catholique] et non pas « par le Fils » ce qui exprime une vision différente de la Trinité,

° le dogme de l’Immaculée Conception de la Mère de Dieu, la notion de péché originel étant étrangère à l’Orthodoxie,

° l’Orthodoxie juge inacceptable une primauté de gouvernement et de juridiction de l’Evêque de Rome, considéré comme chef suprême de l’Eglise, mais admet une primauté d’honneur dans l’amour et le respect de chaque Eglise locale,

° en conséquence, refus de l’infaillibilité pontificale en matière doctrinale.

Importance particulière accordée à l’Esprit Saint (l’Eglise orthodoxe fait remonter sa propre fondation à la Pentecôte), à Marie, Mère de Dieu, à la Liturgie (les icônes, le chant, l’architecture), au monachisme.

Nouvelle séparation interne à l’Orthodoxie fin 2018-début 2019 : reconnaissance par le Patriarche de Constantinople de l’autonomie (autocéphalie) de l’Eglise orthodoxe d’Ukraine par rapport au Patriarcat de Moscou. Lourdes conséquences dans tout le monde orthodoxe.

  • les Eglises issues de la Réforme

Luther : 1517, point de départ de la Réforme protestante.

Luther, moine de l’ordre des Augustins et professeur d’Ecriture sainte, dénonce publiquement la vente des indulgences, exemple type de ce qui dénature la vocation de l’Eglise. (95 thèses contre les indulgences),

Selon Luther, Dieu ne rend pas la justice en évaluant les mérites de chacun pour gagner son salut, ce qui préoccupe beaucoup les chrétiens en ce début du XVI ième siècle. Le salut ne vient pas de l’homme mais uniquement de Dieu. C’est la doctrine de la « justification par la grâce par le moyen de la foi ». Ce principe de « sola fide » [la foi seule] va devenir l’un des principes fondamentaux de la Réforme protestante.

Luther déclare aussi que la Bible est la seule et unique source d’autorité en matière de doctrine sans tenir compte de la Tradition qui joue un rôle important chez les catholiques.

En 1521, la rupture avec Rome devient inévitable et Luther est excommunié le 3 janvier.

Calvin, intellectuel français adhérant aux idées de la Réforme, se réfugie à Genève en 1537, ouvre la seconde vague de la Réforme et instaure durablement le protestantisme et son mode d’organisation.

Aujourd’hui existe une grande diversité d’églises dans la mouvance protestante, notamment les églises baptistes et évangéliques en plein développement partout dans le monde. En Chine, par exemple, le nombre de chrétiens dans la mouvance protestante et tout particulièrement la mouvance évangélique des « églises de maison » serait de 80 millions au regard d’un quinzaine de millions de catholiques.

Catholiques et protestants : quels sont les points qui nous différencient et, surtout, quels sont les aspects qui nous rapprochent et nous rassemblent.

Une fiche en annexe résume de façon très simplifiée cette question souvent posée.

Exemple plus complexe de différenciation : l’amour agissant est-il la conséquence ou la cause du pardon de Dieu ? Cet amour est-il le fruit de la grâce ou le motif de la grâce ? Pour la théologie protestante, tout vient de la grâce de Dieu, sans aucun mérite de notre part. Pour la théologie catholique, Dieu place l’amour au cœur de chaque homme et lui permet de recevoir sa grâce. Qui est le premier ? Le pardon de Dieu ou l’amour vécu … ?

Histoire simplifiée du mouvement œcuménique :

L’œcuménisme : mouvement parti du protestantisme au début du 20ième siècle : conférence mondiale des Missions (protestantes) à Edinbourg en 1910 puis Conseil Œcuménique des Eglise en 1948,

Mouvement qui regroupe aujourd’hui :

– les Eglises préchalcédoniennes (nestoriens, monophysites …),

– les Eglises orthodoxes,

– les Eglises protestantes issues de le Réforme,

– l’Eglise catholique.

Des précurseurs chez les catholiques :

l’Abbé Paul Couturier, prêtre lyonnais: semaine universelle pour l’unité des chrétiens en 1933 et le groupe des Dombes,

le Père Yves Congar, théologien dominicain, « Chrétiens désunis » publié en1937

Plus tard, Secrétariat pour l’Unité des Chrétiens en 1960 par Jean XXIII.

Conseil de lecture :

Antoine Nouis : Lette à ma belle-fille catholique pour lui expliquer le protestantisme – Editions Labor et Fides 115 pages

Semaine universelle de prière pour l’unité des chrétiens (la troisième semaine de janvier chaque année).

Expérience de longue date de l’œcuménisme sur le secteur Choisy-Thiais : récemment, réunion de prière commune le 13 Février 2021 à la chapelle Notre Dame de Lourdes. Le cœur de ces rencontres fraternelles peut se résumer à cette Parole de Jésus : « Quand deux ou trois personnes sont réunies en mon nom, je suis au milieu d’elles. »

3– Conclusions :

L’œcuménisme (entre chrétiens) n’est pas un syncrétisme ou une fusion des croyances. C’est une démarche, un « pèlerinage » même, où chacun avance à son rythme dans un approfondissement de sa foi et le respect de celle des autres.

Nous aurions pu aborder aussi les aspects interreligieux, de la foi juive, de l’Islam, de l’hindouisme ou du bouddhisme, tous présents dans notre secteur Choisy-Thiais.

Les rencontres interreligieuses comportent en effet des enjeux importants pour notre monde :

  • donner à sa foi une dynamique et un rôle dans l‘édification de la société,
  • construire la paix et la justice, – beaucoup à faire ! Exemple : la Communauté Sant’Egidio, fondée en 1968 : lutte à la fois contre la pauvreté et assure une médiation dans les crises diplomatiques, -grande discrétion, beaucoup d’efficacité –
  • « s’aider à advenir en humanité » (Jean-Luc Brunin) : reconnaissance de nos différences, consentement à l’altérité,
  • garder la question de Dieu ouverte : se respecter sans occulter les divergences doctrinales et pratiques, parfois irréductibles.

Cette pluralité de croyances est-elle pour vous

  • une difficulté pour vivre ou exprimer vos convictions ?
  • une source de doutes, de questions ?
  • une chance d’approfondir votre foi et de dialoguer avec des croyants autres ?